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    • Le Carmel de l'Hermitage

      Forêt et spiritualité

      hermitage chappelle
       
       Au cœur de la forêt existe un lieu tellement insolite qu'on le croirait hors du temps : le Carmel de l'Hermitage. Tout commence en 1214, lorsque des ermites défrichent une clairière dans la forêt pour y bâtir un petit monastère. Des Moines y vivront jusqu'à la Révolution, suivant la Règle des Camaldules. La propriété aura ensuite d'autres affectations jusqu'en 1984. A l'étroit dans une maison devenue trop petite à Livry, une communauté issue du Carmel d'Avranches découvre en pleine forêt de Saint-Sever cet endroit disponible. La décision de s'y installer est prise. Et depuis 35 ans, les sœurs occupent le lieu consacrant leur vie à Dieu, dans la forme de vie contemplative qui est la leur. Mais en lien avec notre époque cependant, insistent les Carmélites. "Dans l'esprit insufflé par La Madre et un monde en mutation, le Carmel continue sa mission : vie d'amitié avec le Seigneur, vie fraternelle ou en solitude, vie missionnaire sous bien des aspects, prière, silence, amitié entre soeurs... : telles en sont les réalités essentielles". Les Carmélites sont au nombre de 900 en France réparties sur 69 lieux de vie.  
      "Des lieux de vie qui témoignent par la joie, cette présence qui les habite : il est vivant le Seigneur devant qui je me tiens".

      hermitage intérieur
       
      Les offices célébrés dans la Chapelle sont ouverts au public, invité à une halte « pour apprécier le silence et partager la prière des Soeurs ». Quand les chants des religieuses entrent en communion avec le souffle du vent dans la forêt si proche : instant de Grâce !

      Pratique

      L'Hermitage : direction Le Gast au départ de Saint-Sever.

      Adresse : L'Hermitage - Saint-Sever Calvados - 14 380 Noues de Sienne.

      Téléphone : 0231660705

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      Sur site : une petite boutique est ouverte aux visiteurs.

       hermitage bougies

      hermitage autel

      L'église "Saint Martin"

      L'église

      Suivez le guide à Mesnil-Clinchamps

      On suppose que la première construction d'une église à Clinchamps, comme on disait-alors, remonte au XIIe ou XIIIe siècle. L'actuel édifice étant le résultat d'un agrandissement effectué entre 1640 et 1680, avec le rajout des deux chapelles latérales, de la sacristie et d'un nouveau clocher tout en granit. L'AVPPS nous fait la visite  - ici résumée - des points à ne pas manquer.

      • Entrée : sous vos pieds, le dallage fait de pierres tombales qui recouvraient les corps des notables et des prêtres inhumés. A noter l'inscription : CY GIST LE CORPS DE JEAN LEROY L'AN G(râce) 1627.

      • Vitraux : ceux de la nef, du choeur et du transept nord ont été refaits suite au bombardement de 1944. Ils sont l'oeuvre de Joséphine Lamy-Paillet, maître verrier de Lyon, chacun d'eux porte le nom de son donateur et une légende pour la scène figurée. Celui du transept nord représente - dans sa partie basse -  le village après bombardement du 10 juin 1944, d'après un dessin du localement très connu Abbé Louise. Seul vitrail antérieur : celui de la Chapelle de la Vierge commémore la guerre 14-18, certains de ces panneaux ont fait l'objet d'une restauration à l'authentique, après la seconde guerre mondiale.

      • La crypte : ou Chapelle de la Résurrection, unique dans la région, a été creusée par le Seigneur de Clinchamps, Louis de Gouvets pour inhumer sa famille. Elle est cruciforme, voûtée en arête et éclairée par une ouverture circulaire au centre.  Le sol reste en terre battue. Autre curiosité : la onzième marche de l'escalier d'accès, fait d'anciennes pierres tombales, daterait des origines, XIIe ou XIIIe siècle.

      • Les statues de Saint-Gilles et de Saint Benoît (polychromées). Le premier cité, debout, de face, vêtu de la coule bénédictine dont le capuchon est rabattu sur le crâne, pose sa main sur la biche debout sur ses pattes postérieures. Le second, vêtu d'une longue tunique à plis profonds et réguliers, tient devant lui un livre fermé (…).

      • Inscrits à l'inventaire supplémentaire des Monuments Historiques : deux tableaux peints par l'artiste Mauduit de Vire (XVIIIe), représentant Saint-Gourgon ou Gourgonne condamné par Doclétien et Saint-Sulpice ; le lutrin en bois (XVIIIe ou XIXe) ; les stalles (XVIIe) ; la poutre de Gloire (XVIIIe) qui sépare la nef du choeur, en métal et bois sculpté, peint et doré. ; la chaire à prêcher sculptée en chêne (2ème quart du XVIIIe) avec - pour ne citer que ce détail - sur son dossier Jésus chez Marthe et Marie, copie du tableau d'Eustache Le Sueur (1616-1655) dont l'original a été exécuté pour l'église de Saint-Germain-l'Auxerrois.

      • Retable en bois (XVIIIe) : à deux colonnes corinthiennes lisses, environnées de pampres peints en doré, piédestral quadrangulaire à panneaux ornés d'arabesques. L'entrecolonnement est composé d'un cadre doré abritant une huile « L'adoration des Mages » de 1700, due à l'artiste Virois Vincent de La Vente (1680-1741).

      • A voir également : les bas-reliefs exprimant la reconnaissance de la municipalité Clinchampoise ; le confessionnal en bois du XVIII ou XIXe siècle ; la statue de Saint-Jean avec son aigle ; le tabernacle ; pavillon à ailes, stylobate orné de feuilles d'acanthes et d'angelots, etc...

      L'église de Mesnil-Clinchamps est ouverte en journée et les visiteurs trouveront à l'intérieur un dépliant reprenant en détail les éléments développés ici de façon parcellaire. Bonne visite.
       
      pierres en lumiere

      L'abbatiale de Saint-Sever

      L'abbatiale de Saint-Sever

       1000 ans d'histoire en 3D

      L'abbatiale s'élève - imposante - dans le centre de Saint-Sever. Par son architecture, elle témoigne de 1000 ans d'histoire régionale. L'Association pour la Valorisation du Patrimoine en Pays Séverin nous fait la visite de ce monument exceptionnel, qu'il vous appartiendra à votre tour de découvrir lors d'une étonnante expérience 3D, en réalité augmentée.

      Tout ceci nous ramène au milieu du 1er millénaire. Sever, désigné évêque d’Avranches vers 563, se retire ensuite dans la forêt de Saint-Sever pour y créer une petite communauté. Après sa mort, en 570, sa tombe devient un lieu de recueillement pour les pèlerins sur la route du Mont-Saint-Michel. En 990, des moines rouennais revenant du Mont découvrent l’importance du culte voué aux reliques de Saint Sever. Ils reviennent en force et se les approprient (elles sont à l’origine du quartier Saint-Sever, sur la rive gauche de la Seine).

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      La construction de l’abbaye bénédictine fut décidée vers 1050 par Richard Goz, vicomte d’Avranches. Elle était achevée en 1070. Hugues le Loup (fils de Richard) la fit rayonner jusqu’en Angleterre, conquise en 1066 suite à la bataille d’Hastings, en y créant plusieurs prieurés (dont celui de Chester où il décéda en 1101). Les bâtiments qui occupent aujourd’hui le centre de la petite ville de Saint-Sever sont marqués par diverses modifications. Édifiée au XIe siècle selon le style roman, l’abbatiale est reconstruite en gothique au XIIIe. Au XVe, pour isoler les moines des fidèles, on élève un mur de séparation qui sera doublé, créant ainsi une ruelle. Les moines occupent l’église abbatiale dans ses dimensions actuelles alors que le reste de la nef, à l’ouest, est attribué aux fidèles. L’emplacement des piliers est marqué en noir sur le parvis. Le clocher est bâti au XVIIe (1697), à l’extrémité occidentale.

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      En 1820, après sa remise en état, l’église abbatiale devient église paroissiale. En 1821, on décide de démolir les quatre travées de la nef occidentale qui menaçaient ruine, laissant le clocher esseulé.

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      L’abbatiale contient une tour lanterne, une intéressante poutre de gloire (du XVIIIe, venant de l’ancienne église paroissiale), quelques têtes sculptées originales et dans le chœur, deux lancettes de remarquables vitraux du XIIIe siècle.

      Abbatiale 5

      Le logis abbatial, actuel hôtel de ville, refait entre 1680 et 1702, présente une belle construction en granit de deux couleurs, dont un imposant escalier en fer à cheval.

      Depuis mai 2018, une visite en 3D et Réalité augmentée est possible tous les jours, à l’aide de votre portable sur ANDROID ou d’une tablette prêtée gratuitement (dans des commerces, à la mairie et au Pôle socioculturel). Panneaux informatifs des lieux & horaires d’emprunt : l'étape en forêt & sur le parvis de l’abbatiale.

       

      La motte castrale (ou motte féodale)

      La motte castrale (ou motte féodale)

      il y a un millier d'années !

      Posée au cœur de la forêt domaniale de Saint-Sever, la motte castrale domine l'étang du Vieux Château. Le nom de cette pièce d'eau ne doit rien au hasard, il rappelle l'existence de cet ouvrage défensif dont les origines remonteraient au XIe siècle.

      Une motte est un tertre artificiel construit de main d'homme : elle est édifiée avec la terre accumulée au fur et à mesure que l'on creuse le fossé défensif qui l'entoure. Elle est accompagnée d'un enclos fortifié, "la basse-cour", ceinturé d'un rempart de terre et d'un fossé. C'est une forme très répandue de château au XIe siècle. Elle possède une vocation militaire, comme ouvrage de surveillance, de défense... Elle est toujours le symbole de la puissance seigneuriale.

      La motte intérieure

      La fortification est installée sur un site en forme d'éperon qui s'élève progressivement vers l'Ouest. La motte occupe une place centrale dans l'ensemble de la fortification. Elle est encadrée à l'Est par une basse-cour triangulaire défendue naturellement par l'escarpement et à l'Ouest, par deux remparts de terre et de fossés secs disposés en croissant de lune. Ceux-ci protègent la motte du côté du plateau où l'accès au château est le plus facile. A l'Est de chacune de ces levées est aménagée une petite plate-forme sur laquelle ont pu être implantées des constructions adossées au talus. La motte quant à elle, de forme grossièrement circulaire,  a une hauteur de 6 m pour un diamètre de 27, 5 m à sa base et de 12, 5 m au sommet. Cette motte est ceinturée d'un fossé dont seule une partie est conservée à l'Ouest. L'ensemble de la fortification mesure un peu plus de 100 m de longueur d'Est en Ouest et environ 80 m du Nord au Sud, à l'endroit le plus large.

      Cette fortification a pu être élevée dans la première moitié du XIe siècle par les vicomtes d'Avranches, Richard Goz et son fils Hugues. En 1969, des fouilles ont révélé une occupation du site relativement courte, entre l'an 1000 et 1050. Jusqu'à sa destruction dans un incendie. Et lorsque le même Richard Goz décide de construire l'abbaye, il apparaîtra  que la localisation du Château de la Motte ne permet pas de protéger l'établissement monastique : il est progressivement abandonné. Au XIIe siècle,  la famille Goz cédera ses terres de Saint-Sever,  à l'issue de la conquête de la Normandie par le roi Philippe Auguste.. 

      Mille ans ont passé, mais le site a résisté au temps. La motte castrale de Saint-Sever a été classée monument historique le 11 mars 1983. Toutes ces informations sont disponibles sur site,  à proximité de l'Etang du Vieux Château.

       La motte intérieure panneau

    • Réserve Ornithologique du Gast

      Un havre de tranquilité pour l'avifaune aquatique

      Les oiseaux d'eau ont très vite adopté le site du barrage du Gast, dès la mise en eau du lac en 1987. Car si la présence d'eau et de zones humides riveraines répondent aux besoins de survie des espèces, elles ne sont pas suffisantes pour accueillir l'avifaune aquatique. Les oiseaux d'eau sont demandeurs de sécurité : une garantie à laquelle répond la réserve ornithologique.

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      Celle du Lac du Gast a été créée peu de temps après la mise en eau, le 2 août 1988 exactement. Trente ans plus tard, à l'été 2018, ce sont 80 espèces différentes d'oiseaux inféodées aux milieux aquatiques ou humides qui ont été observées au moins une fois. Mais ce nombre d'espèces peut-être doublé si l'on ajoute les espèces terrestres présentes sur le pourtour de ce milieu lacustre qui sont, dans le cas présent, des espèces plutôt forestières. Le lac, situé sur l'ancien cours de la Sienne, entre la Forêt Domaniale de Saint-Sever et les Bois du Gast a également une allure nordique prononcée : ce sont ainsi les oiseaux d'eaux en général et plus spécialement les canards de surface, les rallidés et les grands cormorans qui font son intérêt en hivernage. Alors qu'au printemps, les nicheurs les plus réguliers sont les grèbes huppé et castagneux, le canard colvert, la foulque macroule, le petit gravelot et par la proximité des sous-bois, le faucon hobereau et la bondrée apivore.

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                                La foulque macroule.

      Rive droite

      En suivant les lames directionnelles jaunes, vous pourrez rejoindre – après environ un quart d'heure de marche – la rive droite du lac et son observatoire. Cet abri permet d'observer les oiseaux fréquentant la rive opposée classée en réserve ornithologique. Sans les déranger. Il est en effet conseillé de ne pas quitter le chemin forestier et d'être le plus discret possible à l'approche du site protégé.

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                      Le petit gravelot.

      Sources : ONF – Institution interdépartementale du Bassin de la Sienne – Groupement Ornithologique Normand.

      Le lac du Gast

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      Située en lisière de la forêt de Saint-Sever, cette réserve d'eau potable s'étend sur 66 ha. Avec : son sentier découverte de la nature jalonnés de  panneaux explicatifs (accès handicapés) ; son verger conservatoire ; sa réserve ornithologique ; son mini-amphithéâtre ; son aire de pique-nique ; ses jeux pour enfants ; ses propositions de  randonnées... Le barrage d'une hauteur de 15 mètres retient 2 900 000 mètres cubes d'eau. Cette réserve permet de garantir à de nombreuses commune une alimentation en eau potable.
       
      barrage général
       
      barrage gast pierre

       

       

      Le lac de La Dathée

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      Situé à cinq km de Saint-Sever à vol d'oiseau, le plan d'eau de la Dathée s'étend sur une superficie de 43 hectares, accessible sur la majorité de sa surface aux activités nautiques depuis la base de la MJC, alors que dix hectares sont sanctuarisés pour abriter la Réserve ornithologique gérée par le Groupe Ornithologique Normand.  Quatre-vingt-six espèces d'oiseaux ont été observées au dernier comptage, parmi lesquelles : foulques, grèbes, bécassines.... A pied, à vélo et même à cheval, nombreux sont les promeneurs à effectuer régulièrement le tour du lac : six kilomètres en longeant la plage, la réserve, le golf, le barrage depuis sa passerelle ou son aval, au pied de la chute d'eau.  Sur place : un fit park est accessible depuis 2017 ; pêche toute l'année (truites, sandres, brochets...) et la nuit pour la carpe (avec ponton d'accès au plan d'eau pour les pêcheurs à mobilité réduite). Attention : baignade interdite.

      Les étangs de la forêt

      Trois pièces d'eau jalonnent la promenade des randonneurs en forêt de Saint-Sever : l'Etang de Coulanges, l'Etang des Lorencières et celui du Vieux Château, le plus accessible en contrebas de l'Etape en Forêt et incontestablement le plus fréquenté,  y compris par les pêcheurs à la ligne.
       
      L'Etang du Vieux Château
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      L'Etang de Coulanges
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    • La route du granit

      par les chemins de "la Pierre Percée"

       

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      Au sud de la forêt de Saint-Sever, les paysages témoignent encore du travail des « picauts » tailleurs de granit. Ce patrimoine nous rappelle que le sous-sol du Bocage normand vient en prolongement du massif armoricain. Nous sommes un peu... Bretons par notre granit. Et pas n'importe lequel : le  « bleu de Vire », comme on l'appelle localement. Ce granit doit son nom à sa couleur caractéristique. Autrefois, il était extrait des affleurements rocheux pour en faire des pierres de construction : maisons, bâtiments, calvaires, monuments religieux.... Prenez encore les pavillons construits dans les années 70 : rares sont ceux qui n'ont sur leur soubassement et leurs arrêtes, quelques rangées de granit. Aujourd'hui, l'essentiel de la production est consacrée au façonnage des pavés pour les zones piétonnières des centre-villes, à la réalisation de monuments funéraires et au développement ciblés dans la haute technologie.

      La Route du granit est une invitation à marcher dans les pas des Picauts. Cet itinéraire touristique dit de « La pierre percée » -  du nom de ces bornes qui jalonnent le circuit d'une cinquantaine de kilomètres - vous conduit à travers les petites routes du Bocage en passant par des sites pittoresques : le lac du Gast, la Chapelle de l'Hermitage dans la Forêt de Saint-Sever, Saint-Manvieu-Bocage et Champ-du-Boult en Noues de Sienne (deux villages granitiques connus pour leurs ritours, auges à trois bacs relevant d'un ancien moulin à papier), jusqu'au parc-musée du granit de Saint-Michel de Montjoie.

      Trouvez la Pierre Percée et vous trouverez la Route du Granit !

    • Chemins du Mont-Saint-Michel

      Saint-Sever : commune étape

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      Mercredi 16 janvier 2019, l’association Les Chemins du Mont-Saint-Michel a reçu le Prix 2018 de la Fondation Stéphane Bern pour le patrimoine. Cette récompense reconnaît le travail de valorisation culturelle et patrimoniale mené depuis vingt ans et complètera le financement de projets en cours, en particulier la publication du guide du Chemin de Caen au Mont-Saint-Michel, programmée au printemps 2019. Ce Chemin passe par Saint-Sever-Calvados qui constitue depuis plus d’un millénaire une étape incontournable du « Miquelot » en route vers le Mont, notamment avec son abbaye bénédictine.

      Chemin du Mont tampon

      Consciente de l’intérêt culturel et patrimonial de son territoire, Saint-Sever-Calvados a signé en 2007 une convention pour être « commune des Chemins du Mont-Saint-Michel » et a depuis accueilli des expositions et aidé à l’organisation de manifestations dont la marche culturelle de Coulonces à Saint-Sever-Calvados en septembre dernier. À cette occasion, elle a créé un tampon identitaire pour les marcheurs faisant halte dans sa commune, dessinant de son encre les lignes de l'Abbatiale et officialisant cette étape en Noues de Sienne. Avant que ne se dresse bientôt, plus à l'Ouest La Merveille !

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    • la foret nouesdesienne
       

      La signature Noues de Sienne !

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      Cocorico ! Avec ses 1580 hectares, la forêt de Saint-Sever représente à elle seule le tiers de la superficie totale des massifs domaniaux du Calvados ! C'est d'autant plus remarquable dans le contexte environnemental régional.
       

      Nos trois départements – Calvados, Manche, Orne – arrivent en queue de classement national au comparatif des taux de boisement. Au niveau français, ce chiffre avoisine les 28 % alors que l'ex Basse-Normandie n'affiche qu'un modeste 10 %. Cette moyenne peut cacher de grandes inégalités. Illustration dans le département de La Manche qui, avec un taux de 4 %, est le département le moins boisé de France ! A comparer à l'Orne, dont les forêts occupent 17 % du territoire. Quand le Calvados se classe en milieu de tableau, avec 8,7% d'espace boisé (source ONF).

      Et il n'en a pas été toujours ainsi. Pendant des millénaires et jusqu'au Moyen-Age - il n'y a pas si longtemps donc - la Normandie était couverte d'un manteau forestier quasi-continu. Au gré de l'augmentation de la population et du développement de l'industrie tout d'abord, avant l'agriculture ensuite, la forêt s'est trouvée pillée. A l'exemple de la forêt de Brix, aujourd'hui quasi-inexistante, alors qu'elle s'étendait encore sur 7000 hectares à la fin du premier millénaire, dans le Cotentin. La Normandie ne serait peut-être qu'une vaste plaine uniforme, si rien n'avait été fait pour stopper le défrichement. On le doit d'abord aux abbayes qui ont su rationaliser l'usage des ressources naturelles pour subvenir dans le temps aux besoins des populations. Les abbés imposèrent une exploitation raisonnée des bois afin d'obtenir une production constante et durable de bois d'oeuvre et de chauffage. Ce traitement dit de « taillis sous futaie » perdure aujourd'hui. On le doit également à la noblesse et aux familles royales qui veillaient jalousement sur leurs terrains de chasse qu'offraient les forêts giboyeuses. C'est ainsi que Colbert fixa dans un cadre légal, l'usage et l'exploitation des eaux et forêts qui constituera le premier « Code forestier. Ce recueil de lois visant à la protection des forêts royales d'alors s'applique maintenant aux forêts publiques (communales et domaniales).  Et sur le terrain aujourd'hui en forêt de Saint-Sever, les techniciens de l'ONF travaillent à faire en sorte que la forêt perdure et vous soit accessible.

      Noues de Sienne a touché et touche du bois !

       
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      La Forêt de Saint-Sever en 1 clic

        La forêt domaniale de Saint-Sever, c'est 1580 hectares d'environnement boisé, pour approcher la nature au plus près et au plus vrai. Mais cela n'empêche pas d'avoir des espaces partagés pour des activités humaines toujours plus nombreuses qu'elles soient festives, sportives, culturelles... Et si vos escapades forestières se prolongent, vous trouverez en Noues de Sienne tous les commerces et artisans nécessaires à vos besoins quotidiens.  Alors, bienvenue en forêt de Saint-Sever en solo, entre amis et en famille !
       
      sous bois

      Avec :

          • L'Etape en Forêt est un Parc de loisirs et d'hébergements inédits entièrement équipés, accessibles aux personnes à mobilité réduite. Avec 
            ses lodges sur pilotis, lodges en hauteur et « charbonnières » ; son bar/restaurant avec terrasse ; son camping / caravaning ; son parcours acrobatique dans les arbres ; ses aires de jeux pour enfants dont un mini-parcours acrobatique ; sa salle de séminaire pour l'organisation de manifestations ; son parking d’accueil extérieur gratuit de 200 places ; sa borne numérique fédérale d'achat de cartes de pêche.
            en 1 clic lodges

          • Un parcours pédagogique aérien pour découvrir la faune et la flore de la forêt ainsi que le cycle de l’eau.
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          • Une borne de recharge pour voitures électriques en pleine forêt (sur le parking de l'Etape).
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          • De la randonnée à pied, à vélo et à cheval : avec de nombreux itinéraires sur et autour du massif forestier.Et des boucles « véloroute » pour relier la Dathée, la Forêt et le Lac du Gast.
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          • Un parcours permanent d'orientation.

          • Un parcours santé.

          • Un arboretum : avec quelques 140 essences d'arbres différentes.

          • La réserve ornithologique au barrage du Gast sur 4 des 66 ha. du plan d'eau. Avec aussi  : un sentier découverte de la nature jalonné de  panneaux explicatifs (accès handicapés) ; un verger conservatoire ; un mini-amphithéâtre ; une aire de pique-nique ; des jeux pour enfants.

          • Pêche en forêt à l'Etang du Vieux Château et par... débordement sur les rivières mitoyennes.

          • Activités nautiques et golf, sur le site du barrage de la Dathée ,en prolongement de Noues de Sienne par sa commune déléguée de Saint-Manvieu-Bocage.

          • La Motte castrale :  héritage de l'ouvrage défensif construit au début du Xie sicèle, à proximité de l'Etang du Vieux Château.

          • Le Carmel de l'Hermitage : au milieu de la forêt, des religieuses consacrent leur vie à Dieu.

          • La Route du granit dit de la Pierre Percée, pour marcher dans les pas des Picauts, les tailleurs du « Bleu de Vire... »

          • La Route du papier : lorsque les moulins battaient à plein temps pour traiter les vieux chiffons, matière première de la fabrication de feuilles de papier.

          • Et sur tous les espaces domaniaux de la Forêt : une signalétique réglementaire et pratique, des tables de pique-nique, des aires de
            stationnement : pour faciliter vos escapades forestières.

      La forêt en images

      La forêt en images
      Vous aimez notre forêt, vous en connaissez tous les coins et recoins : faites nous partager vos plus belles balades en quelques clics. Envoyez vos photos pour publication sur Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.
       

      Premières neiges 2019

      (Publiées le 30 janvier 2019)

      photo neige 
      Une autre perception de la forêt.
       
       
      internet neige rando
       
      Une invitation à la randonnée.
       
       
      internet neige étape 1
       
      Etape hivernale.

       
      internet neige étape 3
       
      Ultime refuge.
       
       
      internet neige étape 2
       
       Passage en hiver....
       
       
      internet neige depuis la route forestière
       
      Saint-Sever dans la tempête de neige, depuis la route forestière.
       

      Des arbres et des hommes

      Lorsqu'on se promène en forêt domaniale de Saint-Sever, on pense les arbres immuables. Pourtant la forêt est le reflet de l'histoire des hommes. Saviez-vous par exemple que le châtaignier est originaire de Turquie...
       
      hommes et arbres

      Les autochtones

      Notre forêt domaniale est composée majoritairement de feuillus, à raison de deux tiers/un tiers (de résineux). Le chêne en est le plus emblématique. Parmi les 400 essences de chêne dans le monde, deux sont prédominantes sur notre massif : le chêne sessile et le chêne pédonculé. La différenciation n'est pas aisée, mais vous pourrez repérer la présence d'un pédoncule reliant le gland à la branche du chêne pédonculé. Pouvant atteindre les 35 mètres de haut, les chênes vivent plusieurs centaines d'années. Le hêtre est lui aussi très présent. Il se reconnaît facilement à son écorce lisse et grise. Ses feuilles non dentelées présentent un bord … « poilu ». Tout aussi imposant que le chêne, il peut vivre 300 ans. D'autres espèces moins spectaculaires par leur taille mais intéressantes à plus d'un titre viennent accompagner nos deux géants. Le bouleau, le charme, l'aulne, contribuent à une diversité favorable à la vie et à la santé de nos forêts. Leurs fruits et leurs fleurs sont prisés de tout un cortège d'oiseaux, d'insectes et autres papillons. Plus petits mais tout autant nécessaires, les arbustes comme les noisetiers, le genêt ou le houx, peuplent le sous-étage et vont former des fourrés propices à l'accueil de la grande faune sauvage (chevreuils, sangliers...).

      Chevreuil couché 001
       

       Les invités anciens

       
      Certains arbres sont présents depuis si longtemps qu'on les croit natifs de nos sous-bois. C'est le cas du châtaignier qui pourtant – et ceci explique son nom – est originaire de Castans, ville antique de Turquie. Ce sont les Romains qui l'ont introduit chez nous !
       

      Les invités récents

      Les forestiers ont assez vite cherché à diversifier les essences. Ainsi, après la dernière guerre, de nombreux résineux ont été plantés. Le but était de fournir des bois de charpente et d'industrie (palettes) à une société en pleine reconstruction. L'épicéa commun qui sert souvent de sapin de Noël est le conifère le plus présent. Viennent ensuite le douglas et le sapin pectiné.
       
      Ces informations vous permettront de porter un autre regard sur notre forêt, lors d'une prochaine balade...
       
      internet forêt feuillus résineux

      Biodiversité : le monde du vivant

      En plus de son intérêt économique et social, la forêt joue un rôle écologique majeur. De la plus petite mousse aux arbres majestueux, de l'insecte microscopique au cerf emblématique, toutes les espèces trouvent leur place dans la chaîne alimentaire. Voici quelques rappels pour montrer à quel point notre forêt est essentielle.

      L'éloge du bois mort

      bois mort
       
      Du bois mort dans les sous-bois en forêt de Saint-Sever ? Quoi de plus normal en fait. Le sol sous vos pieds sert d'ancrage et de garde-manger pour les arbres et autres végétaux. Ils y puisent l'eau et les sels minéraux nécessaires à leur vie et à leur croissance. Ces minéraux sont issus de la roche-mère et de la décomposition des feuilles, branchages, etc. Une quantité d'êtres vivants microscopiques (champignons, bactéries, insectes...) se chargent de transformer la matière organique morte tombée au sol en un humus qui, en se décomposant à son tour, fournira progressivement les minéraux dont les plantes ont besoin. Laisser du bois mort en forêt permet la croissance des arbres et ce, sans avoir recours au moindre engrais chimique. La ressource en eau, déjà particulièrement pure en forêt, s'en trouve encore améliorée.
       
       forêt biodiversité

       Bois... sans soif

       
         Prenez le chêne : sachez qu'adulte, ce dernier parvient à hisser quotidiennement, près de 200 litres d'eau jusqu'en haut de ses 30 mètres. 99 % de cette eau sera évaporée, on parle pour les arbres d'évapo-transpiration. Au regard de ces explications, on comprend mieux l'importance des arbres sur la régulation du climat et du régime des eaux. Au plus haut du massif forestier de Saint-Sever, les pluies peuvent atteindre une moyenne annuelle de 1200 mm quand dans la plaine de Vire, la pluviométrie ne dépasse que difficilement les 800 mm. Soit un différentiel de 400 litres au m2 ! L'arbre est aussi une fabuleuse machine à stocker du carbone. Lors de sa croissance, il capte le gaz carbonique et le transforme grâce à la photosynthèse, en bois principalement composé de carbone. Si l'arbre meurt, le carbone stocké est restitué à l'atmosphère lors de sa lente transformation en humus. S'il est coupé et transformé en matière durable (meubles, panneaux, maisons en bois...), le carbone est stocké. L'arbre enfin est l'hôte et le milieu de vie de nombreux animaux : les chauve-souris dorment dans ses cavités, les oiseaux y nichent, s'y nourrissent, les insectes passent l'hiver dans les anfractuosités de son écorce.
       
      forêt bio bestiole
       
       Bonne balade en forêt de Saint-Sever : dans le monde du vivant !

      Arboretum

      Arboretum

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      L'arboretum des Hauts vents est « un lieu planté d'arbres » où sont recensées plus de 140 essences originaires de divers pays. Un endroit paisible et ludique à la fois.

      Pour trouver cet Eden, il faut suivre les panneaux indicatifs postés le long des routes de la forêt séverine.

      À votre droite, les arbres ornementaux. Plus loin, le bois de charpente et l’ébénisterie (qui tire son nom de l’ébène). Et, si on continue, les haies domestiques ou les formes étranges. Tout est fait ici pour en apprendre davantage sur ces arbres remarquables, plantés il y a plus de 40 ans.
      Les fleurs du Tulipier de Virginie, les bizarreries de Dame Nature, l’arbre qui produit le bois le plus cher de France (l’alisier : 9000€/M3) ou votre haie de jardin à l’état sauvage… Plus de 140 essences sont catégorisées et s’offrent aux visiteurs. Entre balade champêtre et galerie d’art à ciel ouvert, ce lieu mérite plus qu’un détour. Une vraie destination dans le Bocage.
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    • L'AVPPS ne tourne pas la page

      L'AVPPS ne tourne pas la page
      Depuis 2004, l’AVPPS organise tous les ans (le 1er juin en 2019) la randonnée « la route du papier ». Il s’agit de se remémorer les moulins et les nombreux papetiers des vallées de la Virène et de la Dathée. Les itinéraires varient chaque année, mais restent fidèles au Bocage. Les marcheurs sont toujours accompagnés d’ânes dits « bâtés », ils rappellent les collecteurs de chiffons qui leurs faisaient porter les " drapeaux " de lin et de chanvre : vêtements, draps, voiles de bateau, cordages... Les chiffonniers amassaient tout ce qui entrait dans la composition de la pâte à papier. En Noues de Sienne, un site s'impose : celui des Ritours à Champ-du-Boult. On y comptait cinq moulins, il en reste deux, ainsi que des vestiges de l’industrie papetière : auges à maillets, conduites d’eau, canaux de dérivation. Le tout en granit évidemment ! Un patrimoine incontournable de la route du papier.
       

      Du Bocage à la plume de Shakespeare

      L'activité papetière d'autrefois est dispersée sur tout le territoire français. La Normandie est l'un des quatre grands pôles traditionnels. Durant le XVIIe siècle, les feuilles confectionnées dans le Bocage furent expédiées de Caen à Londres et d'Amsterdam à Moscou. Une riche documentation montre une forte concentration de moulins à papier dans le Bocage normand, entre Vire et Mortain, dans le sud des départements du Calvados et de la Manche, et dans l'ouest de l'Orne, entre le XVIe et le XIXe siècle. Les premières œuvres de Shakespeare ont été imprimées sur du papier de la région !
      Durant cette période, les détritus de textile sont l'unique matière première envisagée pour fabriquer feuilles et cartons. C'est sans doute en rapport avec l'activité textile de la région. Dans un Mémoire de 1731, Roussel de Fontanelle subdélégué dans l'élection de Vire, note que "la manufacture des draps de Vire [...] est celle de toute la Généralité de Caen où il se fabrique le plus de draps".
      La manufacture de papier est relativement concentrée le long de cours d'eau dont les dispositions naturelles sont favorables. L'eau constitue à la fois la force motrice et un composant de la pâte à papier.
      Les fabricants d'étoffe font une grande consommation de papier d'emballage, une des spécialités des moulins à papier du Bocage. On comprend comment ce pays de petites propriétés agricoles (les patrimoines sont divisés) au terroir impropre à la culture des grains, a pu fournir une main d'œuvre abondante à l'industrie du textile et à celle du papier. Les habitants à la recherche d'un complément de revenus se tournaient vers ces manufactures.
       

      LE TRAVAIL DES OUVRIERS DU PAPIER (XVIe - XIXe)

      LE TRAVAIL DES OUVRIERS DU PAPIER (XVIe - XIXe)
      Un moulin à papier installé au fil de l'eau possède au minimum une unité de production consistant en un mécanisme et une cuve. On y emploie 8 à 12 ouvriers et ouvrières. L’équipe qui travaille autour de la cuve comprend 4 et 5 personnes.
       
      - Vivre en papetier. Sous l’Ancien Régime, les ouvriers papetiers ne sont pas les moins payés des salariés. Ils sont nourris au moulin même les jours chômés. Le salaire moyen de l’ouvrier papetier évolue peu durant l’âge moderne. La part de son salaire en nature est un avantage en période de disette. Les femmes qui fournissent plus de 34 % des effectifs à la fin de l’Ancien  Régime - selon l’enquête de l’an II sur la Papeterie - sont deux à trois fois moins payées que les hommes.
       
      - L’accès au métier. Parmi les jeunes gens qui apprennent le métier de papetier dans les moulins de la région, peu nombreux sont ceux qui deviennent maîtres papetiers. On est maître de père en fils, ou de beau-père à gendre. Le mariage avec une veuve papetière favorise l’accès au statut supérieur du patronat. Plus qu’un esprit de caste, le manque de moyens financiers est certainement l’obstacle majeur à l’installation de jeunes maîtres indépendants. Les villages des environs fournissent le nombre d’ouvriers nécessaire aux manufactures. Le recrutement local s’opère dans un rayon de 10 kilomètres autour des vallées de la Virène et de la Sée.
       
      - Une espérance de vie de 30 ans. L’âge moyen des papetiers n’est guère élevé. Constamment au contact de l’eau et des chiffons pourris porteurs de maladies, les ouvriers sont en proie à toutes sortes d’infections. La petite vérole est répandue. Les épidémies entraînent l’arrêt de la production.

      Feuilles de papier : les étapes de fabrication

      Feuilles de papier : les étapes de fabrication
      L'AVPPS a pris ses plus belles feuilles pour y écrire et décrire les étapes de fabrication du papier.
       
      Chiffons : Les « drapeaux » sont triés et découpés par des femmes, les « délisseuses ». Un tri sérieux permet d'obtenir des pâtes régulières. La qualité du papier est tributaire du soin que le fabricant souhaite donner à sa production. Certains papetiers se spécialisent dans la fabrication de papier de belle qualité, d'autres ne produisent que du papier " bulle " ou "trasse" (ou "étresse"), ces papiers grossiers qui servent de buvard ou d'emballage. Le " gouverneur " est chargé de surveiller et d'activer la fermentation des chiffons conduits au " pourrissoir ". L'alchimie du papier se produit à l'issue de la fermentation des chiffons de chanvre et de lin, mis au pourrissage. La fermentation détruit les éléments étrangers à la cellulose, composant principal des fibres textiles.
       
      Pâte : Les chiffons passent ensuite dans le moulin à proprement parler, il y règne un bruit assourdissant. Le mécanisme central est constitué de 3 à 6 " piles ". Ces bacs ovoïdes de 110 cm de haut, 75 cm de large et 80 cm de profondeur sont faits d'un seul bloc de pierre, avec un fond de " platine " de fer. Trois maillets de bois de chêne, avec à leur extrémité des clous acérés, battent les chiffons et l’eau contenus dans chacune des piles. La roue actionne l'arbre à cames qui soulève alternativement la queue de chaque maillet qui retombe lourdement sur le contenu des piles. Le " défilage " se produit entre la platine et la tête des maillets cloutés. Les chiffons sont broyés, déchiquetés, défibrés durant six à douze heures. Le " raffinage " se produit dans une pile à affleurer. La pâte y est affinée.
       
      Feuille : Dans la pièce spécifique de « l’ouvreux », plusieurs ouvriers s’activent autour de la « cuve ». Cette grande bassine en cuivre ou en bois cerclé de fer, d’une contenance de 700 à 1500 litres est en partie couverte par un cadre de bois échancré là où « l’ouvreur » se penche pour puiser la pâte délayée dans 98 % d’eau (maintenue tiède par un petit fourneau en cuivre, le « pistolet »). L’ouvrier de cuve puise la pâte à l’aide d’une « forme », sorte de tamis de fils de cuivre ou de laiton. Sur la forme, un cadre de bois mobile, « couverte », marque les bords de la feuille et détermine son épaisseur. Après avoir plongé la forme dans la cuve, l’ouvreur relève celle-ci chargée de pâte. En quelques secousses légères de gauche à droite et d’avant en arrière, il égalise la matière sur toute la surface du tamis. L’eau s’échappe, les fibres s’enchevêtrent, la matière se lie et se fixe sur la « vergeure », le maillage du tamis. L’ouvreur dépose la forme devant lui sur une planche percée de trous, au-dessus de la cuve. Il ôte la couverte qu’il replace sur une nouvelle forme prête à modeler une autre feuille. Un second ouvrier, le « coucheur », pose la forme sur un montant de bois oblique servant d’égouttoir, le « trapan ». Il est chargé de déposer chaque forme sur une pièce de tissu de feutre. Il renverse progressivement la feuille encore pleine d’eau sur le « fautre ». Son geste est rapide et précis pour éviter les papiers « cassés ». Une goutte d’eau peut gâcher la feuille. Une bulle d’air qui s’intercale entre la feuille et le feutre déforme l’ouvrage.
      Le coucheur dispose un 2e feutre sur la feuille qui adhère au premier, et saisit une autre forme chargée de pâte… Il crée ainsi une pile de « quets » intercalant 25 feuilles et 27 feutres (pile désignée par le terme de « porse » dans les minutes notariales). Cette porse est placée sous une presse de bois par le coucheur et le « leveur » aidés par le gouverneur. Les 3 compagnons exercent une pression à l’aide d’un levier dont l’intensité est augmentée par un cabestan. Sous cet effet, les feuilles rejettent l’excédent d’eau qu’elles contiennent. Les fibres de cellulose se lient les unes aux autres et donnent à la feuille de papier sa constitution définitive. Secondé par un apprenti, le leveur sépare le papier des feutres aussitôt réutilisables. Les feuilles sont posées les unes après les autres sur une planche de bois, la « selle ». L’opération nécessite beaucoup d’habileté pour éviter les déchirures, les rides et les fronces. Le paquet de feuilles ou « porse blanche » passe sous une petite presse pour évacuer l’eau résiduelle. La porse blanche est enfin emmenée dans les « étendeurs » qui occupent les greniers, les combles de la maison manable, du moulin, de la grange... Ces vastes pièces munies de volets de bois mobiles permettaient de réguler l’entrée de l’air et la vitesse de séchage. Tous les étendoirs sont garnis de cordes qui traversent des poutres percées et sont disposées sur plusieurs niveaux. Debout sur de petits bancs, les ouvrières du moulin étendent les feuilles par 2 ou 3 en commençant par les cordes situées en hauteur. Elles les déposent à l’aide d’un « ferlet », instrument en bois en forme de T. Elles doivent éviter de former des rides, griffures et déformations. Les saisons ont une influence sur la qualité finale du papier, gel et canicule sont nuisibles au bon séchage des feuilles.
       
      Apprêts : L’application de colle qui donne aux pages leur caractère hydrophobe, est indispensable pour les rendre propres à l’écriture. La colle est préparée dans un chaudron où fondent dans de l’eau chaude des rognures de peau, des oreilles de bovins et ovins, et autres résidus de mégisserie, placés dans un panier à claire-voie. Afin de se préserver des incendies et des odeurs, le mélange est confectionné dans un bâtiment à part : la « chaumine » ou « saline ».
      Filtré, le mélange gélatineux est recuit. Finalement, la colle est délayée avec de l’eau et de l’alun. Le colleur ou « saleran » plonge les feuilles par poignées. Le collage régulier de toute la feuille est difficile à réussir. Pour extraire l’excédent de colle, les pages passent sous presse et retournent sur les cordes des étendoirs. L’opération est coûteuse en main-d’œuvre, mais primordiale.
      « Lisseuses » et « saleranes » déposent ensuite les feuilles sur de grandes tables. Elles passent le grattoir pour ôter les aspérités de la surface. Une pierre dure polit et égalise le grain de chaque feuille. Les feuilles sont rognées, ébarbées à l’aide de petites « forces ». Les feuilles défectueuses sont refondues dans la pâte.
      Le produit final est trié selon plusieurs catégories de qualité : bon, « retrié » (taché d’eau), « chantonné » (présentant des callosités), cassé. Il est ensuite assemblé par « main » de 25 feuilles. Vingt mains forment une rame de 500 feuilles.
       
      Les rames sont emballées dans deux feuilles de « maculature ». Elles sont ficelées et marquées. Les rames sont pesées avant leur départ, à l’aide d’un « bancard » muni de ses poids.
       
      Route du papier 3 Cuves Piles à maillets 035 Route du papier 3 Pilets de granit 031

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